De quoi s’agit-il ?
Une infiltration est une injection d’un médicament (souvent un anti-inflammatoire et/ou un anesthésique) au contact d’une articulation, d’un tendon, d’une bourse séreuse ou d’un nerf pour soulager une douleur et réduire l’inflammation. Elle peut être échoguidée (guidée par échographie) ou radioguidée (guidée par imagerie aux rayons X, parfois avec un produit de contraste).
Elle apporte une précision supérieure à une injection “à l’aveugle”, surtout pour les zones profondes ou difficiles d’accès, et permet de mieux cibler la zone responsable des symptômes.
Le déroulement de l’examen
L’examen commence par la vérification de votre douleur, de la zone à traiter et de vos traitements (notamment anticoagulants) ou allergies.
Vous êtes installé dans une position adaptée, puis la peau est désinfectée soigneusement avec du matériel stérile.
En échoguidage, le médecin visualise en direct l’aiguille et la cible à l’écran ; en radioguidage, des images sont prises pour contrôler la trajectoire, et un petit volume de contraste peut être injecté pour confirmer la bonne position.
Le médicament est ensuite injecté lentement. Une sensation de pression ou de brûlure transitoire peut être ressentie.
Après le geste, une courte surveillance est réalisée, avec des consignes (repos relatif, reprise progressive des activités, surveillance de la douleur). Dans certains cas, un contrôle clinique ou une nouvelle infiltration peut être discuté en fonction de l’évolution.
Quel produit utilise-t-on et
que ressentirez-vous ?
Un produit à base d’iode, opaque aux rayons X, sera utilisé. Il sera choisi par le médecin radiologue en fonction des informations que vous aurez données sur votre état de santé avant l’examen.
Vous ne ressentirez aucune douleur dans l’immense majorité des cas. Cependant, il n’est pas rare de ressentir une sensation de chaleur au moment de l’injection, ou encore un goût bizarre dans la bouche.
Quels sont les risques de l’examen ?
Toute intervention sur le corps humain, même conduite dans des conditions de compétence et de sécurité maximales, comporte un risque de complication.
L’injection est un acte très courant, habituellement très bien toléré. Cependant, comme avec d’autres médicaments, des réactions peuvent survenir : La piqûre peut provoquer la formation d’un petit hématome sans gravité, qui se résorbera spontanément en quelques jours.
Lors de l’injection, sous l’effet de la pression, il peut se produire une fuite du produit sous la peau, au niveau de la veine. Cette complication est rare (un cas sur plusieurs centaines d’injections, généralement sans suites graves), et pourrait nécessiter exceptionnellement un traitement local.
L’injection de produit iodé peut entraîner une réaction d’intolérance. Ces réactions imprévisibles sont plus fréquentes chez les patients ayant déjà eu une injection mal tolérée d’un de ces produits ou ayant des antécédents allergiques. Elles sont généralement transitoires et sans gravité.
Elles peuvent être plus sévères, se traduire par des troubles cardio-respiratoires et nécessiter un traitement. Les complications réellement graves sont rarissimes ; pour votre information, le risque de décès est de moins d’un cas sur 100 000, soit 14 fois moins que le risque d’être tué dans l’année lors d’un accident de la route.
Des accidents rénaux, également liés au produit iodé, sont également possibles, notamment chez certains sujets atteints de maladies fragilisant le rein (insuffisance rénale chronique, diabète avec insuffisance rénale, etc).
Des modalités particulières seront observées en cas de facteurs de risques particuliers, qui seront identifiés au moment du dialogue entre l’équipe et vous. Dans tous les cas, si vous pensez avoir un facteur de risque, vous devez le signaler au moment de la prise de rendez-vous.
Résultats
Un premier commentaire pourra vous être donné juste après l’examen. Il ne s’agira là que d’une première approche, car les images doivent être ensuite analysées plus en détail par le médecin radiologue. Le compte-rendu écrit sera disponible dans les meilleurs délais.
Ce que vous devez faire
Certains antécédents médicaux pourront nous amener à vous prescrire une prémédication avant l’examen ou à reporter la date de l’examen ou encore, beaucoup plus rarement, à annuler cet examen et le remplacer par un autre type d’exploration.
Avant l’examen, répondez attentivement aux questions suivantes :
| Avez-vous ou avez-vous eu des problèmes d’allergie (asthme par exemple), une réaction particulière lors d’un examen radiologique ? | oui | non |
| Avez-vous une maladie cardiaque, pulmonaire ou rénale ? | oui | non |
| Etes-vous diabétique ? | oui | non |
| si oui, prenez-vous des biguanides (Glucinan®, Glucophage®, Stagid®) ? | oui | non |
| Avez-vous eu récemment une radiographie de l’estomac, de l’intestin ou du côlon ? | oui | non |
| Etes-vous enceinte ou susceptible de l’être ? Allaitez-vous ? | oui | non |
Apportez le jour de l’examen :
- la demande de votre médecin (ordonnance, lettre….)
- les résultats de l’analyse d’urines qui aurait pu vous être demandée,
- le dossier radiologique en votre possession (radiographies, échographies, scanners, IRM …)
- la liste écrite des médicaments que vous prenez.
S’il vous est demandé de venir à jeun
N’avalez pas de liquide et d’aliments solides pendant les trois heures précédant le rendez-vous.
Ne fumez pas avant l’examen.
Mais, sauf indication contraire, prenez vos médicaments habituels.
Pendant l’examen
Suivez attentivement les indications qui vous seront données ; votre coopération est essentielle pour que les images ne soient pas floues.
Si vous ressentiez une douleur lors de l’injection, il faut la signaler immédiatement.
Après l’examen
Pour accélérer l’élimination du produit, buvez de l’eau abondamment (sauf régime particulier, dans les cas d’insuffisance cardiaque ou rénale).
